Ce que les troubles alimentaires m’ont appris sur l’amour de soi

Au printemps 2015, j’ai éprouvé le désir d’entamer un processus de perte de poids. Je m’entrainais déjà depuis quelques années mais, souhaitant me dépasser, j’ai décidé de commencer à exercer un certain contrôle sur mon alimentation en calculant mon apport journalier en macronutriments. J’ai choisi une approche flexible me permettant de manger les aliments de mon choix à condition d’atteindre des objectifs spécifiques de protéines, lipides et glucides. Rapidement, j’ai commencé à avoir des résultats, mon corps changeait et le poids sur la balance descendait. Les gens de mon entourage ont commencé à s’intéresser à mes changements corporels, j’étais bien fière de leur parler de ma diète ‘’miraculeuse’’ et j’aimais leur expliquer que sa flexibilité me permettait de manger tout ce que je souhaitais tant que ça fitait dans mes objectifs macro-nutritionnels de la journée. J’aimais beaucoup préciser que je mangeais souvent de la crème glacée après mon entrainement. Ce que je ne précisais pas, c’est que je privais mon corps de certains aliments qui auraient eu une incidence plus positive sur ma santé générale pour manger des aliments considérés plus amusants.
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Les troubles alimentaires frappent de plus en plus jeune.

La saison estivale est arrivée et, chaque jour, j’observais mon corps sous tous ses angles en ciblant ce qui me déplaisait sur ce dernier. Puisque je voulais des résultats plus signifiants, je voulais être plus assidue dans ma fréquence d’entrainement et plus stricte dans mon alimentation. Je m’entrainais donc six ou sept jours par semaine, parfois même deux fois par jour, je pesais ma nourriture et je devais atteindre mes objectifs de protéines, lipides et glucides au gramme près. Je laissais la nourriture prendre de plus en plus de place dans mon quotidien, j’étais dans un cercle vicieux et j’associais le fait d’avoir une bonne journée au respect de mes objectifs macro-nutritionnels. Pour mon entourage, je semblais en parfait contrôle mais, dès que je mangeais une seule bouchée d’un aliment ‘’imprévu’’, je considérais que ma journée était gâchée et une sorte de déclic se faisait dans ma tête. Je perdais carrément le contrôle, je continuais de manger même si je ressentais un certain inconfort en me disant que je reprendrais mes habitudes dès le lendemain.
Les troubles alimentaires sont un peu comme un engrenage dans lequel la personne qui en souffre se sent emprisonnée. Dans mon cas, je me mettais une grande pression car je sentais que j’étais une référence et une source de motivation pour les gens de mon entourage. On me rappelait souvent que j’étais assidue, on me considérait comme un modèle de contrôle de soi et on me félicitait régulièrement pour ma détermination. Avec le temps, j’ai appris qu’une personne à part entière peut avoir des passions et y consacrer beaucoup de temps. J’ai également appris que la ligne entre passion et obsession était mince. Je comprends maintenant que ma force et ma détermination sont des atouts mais qu’il faut aussi accepter de faire des erreurs et que, bien qu’il nous amène à devenir une meilleure version de soi, l’entrainement ne doit jamais nous définir en tant qu’être humain. Nous valons bien plus que des abdominaux sculptés au couteau ou qu’un derrière ferme et exempt de cellulite. Les possibilités nous permettant d’avoir un mode de vie équilibré facilitant la conciliation entre l’atteinte de résultats et la création de moments inoubliables sont pratiquement infinies. Chaque personne doit se fixer des objectifs personnels et mettre des moyens personnalisés lui permettant de les atteindre en place.
Les troubles alimentaires sont un véritable combat mental.

Les troubles alimentaires sont un véritable combat mental.

Les troubles alimentaires m’ont appris beaucoup sur l’amour de soi. Je crois, entres autres, que certaines règles prédominent lorsque l’on désire s’engager dans un processus de mise en forme. Plusieurs personnes ont cette fameuse mentalité ‘’all or nothing’’ et se découragent rapidement car ils n’obtiennent pas les résultats escomptés aussi rapidement qu’ils le souhaiteraient. Je crois qu’il faut plutôt se rappeler que les meilleures transformations prennent du temps, se fixer des objectifs réalistes et souligner nos efforts lorsqu’on les atteints. Il est d’abord essentiel d’accepter de ne pas être parfait et d’apprendre à s’aimer comme on est. Il faut apprendre à aimer son corps tel qu’il est avant de vouloir le changer. Si tu ne t’aimes pas lorsque tu débute ta transformation, tu ne t’aimeras pas plus avec cinq, quinze ou même vingt-cinq livres de moins.

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